Le cercle de partage ( + le préquel pour en arriver là) | Shirley Chiche

Le cercle de partage ( + le préquel pour en arriver là)

Le cercle de partage ( + le préquel pour en arriver là)

Dans ma vision de l'épanouissement, il y a les questions absolues que beaucoup se posent dont celle ci : quelle est ma place dans ce monde ?

Le (long) préquel qui m'a amené à ce jour

 

 

Sauf une vieille époque où je me suis essayée à fumer de l'herbe et où tout me semblait limpide (bien qu'impossible à retenir ni expliquer le lendemain ...) j'ai toujours cherché des réponses. Savoir quelle était ma mission, pourquoi nous étions là, coucou, est-ce qu'il y a quelqu'un là haut ? 

 

Et puis il a fallu vivre la vie d'humain tout à fait normale, qui travaille, achète, paie ses impôts, s'inquiète et s'assure de ne manquer rien. Ces années sans question faisaient partie du cheminement. J'y ai même pris goût car tout semblait simple, facile, il n'y avait pas de place pour les questionnements. Les choses me suffisaient.

 

Et puis les questions sont revenues.

 

Un jour, j'ai physiquement ressenti qu'on venait de tirer le rideau que je voyais depuis toujours ; on venait d'abattre un mur que je prenais pour la fin du décor. Un peu comme quand Truman (the Truman show's) comprend que son horizon n'est qu'un bout de carton-pâte et que la vérité s'étend plus loin. Tout s'est écroulé et j'ai vu derrière.

 

la realité de la vie

 

Quand je dis que je l'ai ressenti physiquement, c'est vrai : j'ai vécu l'éboulement des croyances, mon corps avait des sueurs froides, mon coeur battait fort.

Pourtant le sujet qui m'a amené là n'avait rien à voir avec une quelconque question métaphysique : je venais de comprendre que j'avais mangé de la viande toute ma vie parce que c'était essentiellement culturel. Que derrière les festivités conviviales d'un filet de beauf se cachait un carnage sans nom, animal, humain, environnemental, spirituel. J'ai immédiatement cessé de manger de la viande et j'ai cherché frénétiquement tout ce qui s'y rapporter. 

 

Une année de végétarisme, voire de "flexi veganisme" a débuté

 

Une année horrible psychologiquement, prise de conscience après prise de conscience, prenant en pleine face les dégâts considérables qu'on infligeait autour de nous.

Moi qui aie un tempérament ludique, j'étais à terre. En colère. Blessée. Avec pour quête d'atteindre une sorte de perfection hypothétique et de ne causer aucun mal à qui que soit. Je ne portais plus de bijoux ni de pierres à cause du trafic engendré. Je voulais manger bio, laver bio, vivre bio. Etre éthique, être respectueuse. Je suis du genre obsessionnelle ... 

 

J'ai sombré dans un genre de folie qui m’enchaînait à Internet, allant de blog en blog, de sujet en sujet, fouillant, étayant, absorbant tous les malheurs du monde causés par l'homme. Tout était noir, lugubre, malsain, manipulé, catastrophique. L'enfer sur Terre.

 

La colère. Je pensais à ma fille, aux générations suivantes. A l'avenir. Comment lutter, comment entrer dans la bataille ? Soyons honnête, je suis une froussarde. Pas le genre à aller à des manifs ni à m’enchaîner à des cochons. Puis nous étions quelques mois après les attentats de Charlie, ce qui avait triplé mon taux d'angoisse permanente. 

 

Un an à ce rythme, choquée jour après jour, m'a permis de comprendre pourquoi la rumeur disait que le nombre de suicide était plus élevée chez les végétariens, végétaliens et vegans. Ce n'était pas à cause d'un manque de fer ou de protéines, bullshit, c'était la prise de conscience d'une violence impossible à décrire. Une vague qui t'emporte dans un tambour de machine à laver et t'arrache de tous tes bons sentiments envers l 'homme.

 

  A la fin de cette année-là, j'étais dans un état psychologique que nous décrirons pudiquement de "compliqué".   

 

La bouffée d'air est arrivée un soir. Le soir du 13 novembre 2015. Juste après le Bataclan, le stade de France et la brasserie de quartier. Ils ont semé la terreur et involontairement, j'ai récolté l'amour. Dommage collatéral.  

Une semaine plus tard, je me séparais du père de ma fille, un homme extraordinaire qui restera à jamais l'un des plus beaux cadeaux que m'a offerts la vie et qui n'était pour rien dans les tumultes que je traversais. 

 

J'avais retrouvé mon premier amour. Celui que l'on n'oublie pas, qui reste dans le coeur comme une petite veilleuse qui tient chaud, discrètement.

 

J'aimerais vous dire j'ai été adulte et réfléchi, que je n'ai pas tout quitté pour un hypothétique avenir mais ce n'est pas ce qui est arrivé. Dans la passion de ressentir mon coeur s'ouvrir, comme un rideau qu'on tire après des mois dans le noir, j'étais plongée dans la lumière du jour et c'était délicieux. 

J'étais Bella, 16 ans, devant choisir entre Jacob le loup-garou et Edward le vampire. J'étais dans un roman. J'étais LE roman. Tu vois le style.  

 

Je n'ai pas réfléchi, même si je pensais sincèrement être logique à l'époque. J'ai pris un studio et je suis partie. Et j'ai respiré, mon Dieu que j'ai respiré.

J'ai laissé derrière moi le végétarisme. J'ai laissé derrière moi le mal que l'homme faisait à la Terre. J'ai quitté le navire. J'ai tombé les armes. J'ai aussi fermé les yeux sur le mal que je faisais. Je n'étais de toute façon plus en mesure de lutter. 

 

Pour les curieux, 3 ans sont passés et je suis toujours avec mon amoureux. Mais ce n'est pas le sujet ici. Nous en reparlerons tout simplement parce que l'épanouissement que j'ai décidé d'avoir passe aussi par l'épanouissement partagé, qui est le sujet de ce blog.

 

 

Celui qui a ouvert les yeux un jour, ne peut pas les refermer indéfiniment.

 

Il est naturel que j'aie eu envie de reprendre le combat du "bien contre le mal". Rien qu'en écrivant ces mots je vacille entre "cette formule tout faite est ridicule" et "en même temps c'est ce que je ressens" avec en fond d'écran imaginé Dark Vador contre Luke Skywalker. Hyper kitsch. 

Mais cette fois-ci, en partant non pas de l'extérieur (la terre, les humains, tout ça) mais de l'intérieur (moi, mon moi, mon sur moi, mon ego, bref, tous les noms qu'on a envie de lui donner).

 

Les actes

J'ai repris la lecture quotidienne. 

Il y a eu "Et si c'était ça le paradis ? Les enseignements de sa NDE" de Anita Moorjani.

Ne me demandez pas pourquoi un livre sur les expériences de mort imminente, ni pourquoi celui-ci, je n'ai aucun souvenir de ce qui m'a amené à l'acheter alors que je finissais un bouquin sur les ... glucides (!).

Les choses sont généralement bien faites. 

 

Ce livre m'a fait tellement de bien !

Il n'est pas facile de conseiller ce type de bouquin. "Tiens, j'ai lu un livre incroyable sur une femme en stade 4 qui est morte quelques instants, a rencontré Dieu (ou quelque chose) et qui est revenu guérie et pleine de sagesse". Nop. C'est bizarre. 

Pourtant j'ai éprouvé tant et tant de plénitude à sa lecture. Il répondait à des questions que je me posais, ou plutôt, il validait ce que je pensais.

J'y ai vu ma mère, son dernier jour sur Terre, l'espoir qu'elle soit bien désormais. J'y ai lu la sagesse supérieure à toute chose.

Et même si ça m'écorche la bouche, j'ai accepté le fait que je sois finalement dans une forme de croyance. En quelque chose que je ne définis pas exactement. Une force commune, la nature, la vie, que sais-je. En tout cas loin de toute religion.

 

Le troisième rideau s'est levé. 

Il a laissé entrer la lumière, comme dans la chanson de Jean-Jacques Goldman, "Bonne idée". Ma chanson préférée au monde. 

 

 

J'ai lu presque sans m'arrêter, passant de livre en livre au gré de ce que j'apprenais. De grosses daubes et des trucs géniaux aussi. 

 

J'ai écrit, rempli un cahier gros comme le poing de tout ce qui me venait à l'esprit au fil de mes lectures. Parler de moi pour mieux me comprendre, parler de mes envies pour ce monde. Parler de mes peurs, de mes croyances limitantes, de ma vision de l'argent, de l'amour, du sexe, de l'héritage familial, de ma foi, de mes valeurs, de mes vœux ... 

 

Mon planner a vu défiler des dizaines et des dizaines de sujets ! Je n'étais jamais rassasiée d'apprendre. J'imprimais des dizaines de listes de choses à faire, à voir, à lire, à vivre. Et tout c'est mis en place dans chaque parcelle de ma vie. 

 

L'inspiration s'est infiltrée en moi, l'inspiration qui vient transformer ton ventre, ton coeur, ton âme, tes pensées, tes idées.

 

En quelques mois, j'ai pris confiance d'une manière que je n'aurais pas crue possible.

J'ai accepté mon image face caméra, j'ai laissé partir Shirley Ze Pap pour accueillir Shirley Chiche. J'ai ouvert mon coeur le mieux qu'il m'était possible aux moments M. 

En commençant à reconnaître qui j'étais, mes forces et mes faiblesses, j'ai accepté le fait de ne pas avoir les aptitudes pour contribuer au monde par les actions directes, comme m'engager dans la politique, ni les qualités émotionnelles pour m'engager sur le terrain. 

 

Et pourquoi pas faire passer les idées par écrit ?

 

Parfois ma pédagogie passe bien, on me l'a souvent dit. C'est peut-être ça, ma force à moi. Faire passer l'idée qu'il est possible d'être heureux -mot galvaudé- et de contribuer à rendre le monde meilleur. Faire partie du cercle des "semeurs d'idées", à la place des "lanceurs d'alerte". 

 

 

Le cercle de partage

 

Ce matin, j'avais le moral dans les chaussettes. Je suis humaine vous savez (Versus Foresti). Ces dernières semaines n'ont pas été très équilibrées : trop de nourriture, trop peu de méditations, trop de travail et trop peu de partage avec mes proches.  

J'ai pris 12 minutes pour méditer enfin et j'ai pleuré comme un bébé mon niveau d'inspiration qui avait drastiquement chuté en deux ou trois semaines. Quand tu vis avec l'inspiration, tu sens bien quand elle se casse. En rouvrant les yeux, je me sentais mieux. Ma cage thoracique s'était miraculeusement décoincée.  

 

J'ai pris un carnet et un stylo pour schématiser des pensées qui m'étaient apparues à lors que je me demandais comment comprendre mes priorités.

 

  • J'ai commencé par faire un petit cercle, avec un petit point au centre. Mon moi et mon moi profond, celui qui me dépasse.
  • Autour, j'ai dessiné un plus grand cercle représentant ma famille, mes très proches, ma fille, mon amoureux.
  • Sur eux j'ai ajouté un troisième cercle, où se trouve mes amies, celles qui sont presque à glisser dans ma famille. 
  • J'ai tracé un quatrième cercle, celui des gens qui doucement entrent dans ma vie et que j'aimerais voir un jour dans le cercle de mes amies. 
  • Un cinquième cercle par-dessus, celui de ma communauté avec qui je tisse des liens et de mes clients que j'aime satisfaire. 
  • Puis un sixième cercle, celui de mon pays et en filigrane, du monde
  • Et j'ai coloré le fond, pour laisser la place à ce que j'appellerai "Dieu" sans mettre de corps dessus. La nature, la vie, la force, l'énergie, le grand Tout ... On s'en fout presque du nom.

 

le cercle de partage

 

(Schéma à la va-vite pour ne pas perdre l'inspiration)

 

Finalement, on dirait un peu une cible pour jeu de fléchettes. On gagne plus de points en visant le centre. Et plus on s'éloigne, moins les points comptent. 

 

Sauf que dans ma cible, il n'y a pas de fin. Sauf que dans ma cible, tout est relié. Que pour atteindre l’impalpable, il faut passer par tous les cercles, l'un après l'autre. Nous sommes tous contenus dedans. Indivisibles. 

La flèche va dans les deux sens. Du contenant au contenu et du contenu au contenant. 

 

Je vous ai perdu, non ? 

 

Je ne sais pas si un non-croyant "radical" comprendra, ou alors quels mots il utiliserait pour l'adapter à lui (ça m’intéresse grandement, d'ailleurs). Une chose est certaine, qu'on soit cartésien ou pas, c'est comme la loi de l'attraction, ça fonctionne. 

 

Le partage commence donc là, en nous. Avant de s'étendre. Un peu comme Mario Bross qui passe de niveau en niveau à chaque fois mieux préparé. Finalement, la vie est un terrain de jeu où l'on joue, comme on peut. 

 

Ce schéma me permet de mieux saisir mes priorités qui sont d'être juste, authentique et responsable de ce que je transmets. En continuant la pratique de la méditation, de la lecture, de l’introspection, je nourris la base, je lui apporte des forces. Et sans m'en rendre compte, je transforme la qualité de mes rapports avec tous les autres cercles. Qui eux-même, qui sait, auront un impact positif sur leurs cercles à eux.

On se rejoint tous au final, en tout cas je veux le croire. 

 

Je choisis donc pragmatiquement, en conscience, de diffuser un message positif. Et ça, c'est un vrai boulot de bisounours. 

 

Des bisous 

 

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